US : Les albums à ne pas rater pendant la période d’examens

Chaque année c’est la même chose, le fait d’être étudiant est un inconvénient pendant les examens estivaux. En effet, une majeure partie des sorties rap se passe pendant cette période-là. Alors oui, on a quand même bien pu écouter les projets de quelques artistes en révisant la comptabilité ou le marketing, mais rien n’a vraiment été rapporté sur le site. Alors Hip Hop State Of Mind a pensé à toi et te dresse une liste des meilleurs albums studios US sortis dans le courant avril-juin. Et oui, il y a eu de jolies pépites qu’il ne fallait en aucun cas rater.

Boosie Badazz – Touchdown 2 Cause Hellhttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/84/TD2CH_album_cover.jpg

Il n’y a pas longtemps, nous avions déjà effectué un article sur le mauvais garçon de Baton Rouge dès sa sortie de prison. Nous lui avons prédit du succès et un album studio réussi courant 2015 et c’est chose faite. Cinq ans après, Incarcerated, son dernier projet officiel datant de 2010, l’homme qui se fait désormais appeler Boosie Badazz (anciennement Lil’ Boosie), nous délivre sur son nouvel album toutes ses souffrances endurées ces dernières années derrière les barreaux. Un projet transpirant le coin des rues de A à Z bien aidé par des productions très bien menées par des experts de la trap comme Mouse On Tha Track, J Reid et le très courtisé London On Da Track. Fidèle à sa street-credibility et à sa voix extravagante, Boosie nous offre des morceaux énergiques et souvent accompagnés de boucles de piano comme les puissants RetaliationHip Hop Hooray (avec son fidèle lieutenant Webbie) ou encore On Deck accompagné de Young Thug. Cependant, le rappeur de la Louisiane pense toujours à sa gente féminine, et sur la deuxième moitié de Touchdown 2 Cause Hell, l’ambiance descend d’un cran et les productions s’avèrent être plus soft et paisibles. Mention spéciale à Spoil You ou encore Black Heaven (où J.Cole figure comme invité surprise). Par contre, avec 19 morceaux à son actif, l’album aurait été de meilleure qualité si quelques titres avaient été dispensés de la tracklist finale. Mais après un retour tonitruant avec sa mixtape Life After Deathrow et maintenant ce projet officiel, le rappeur de la Louisiane a déjà bien reconquis son public, même s’il ne l’avait réellement jamais perdu.

Dom Kennedy – By Dom Kennedyhttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/0/08/By_Dom_Kennedy.jpeg

Ah sacré Dom, qu’est-ce que tu nous avais manqué. Get Home Safely paraissait déjà bien loin alors qu’il ne date que de 2013. Mais bon, quand on a un flow aussi flegmatique que le tien et qu’on est aussi attaché aux mélodies de la côte Ouest, il est difficile de te trouver un remplaçant, voire un rappeur officiant d’intérim. Mais voilà, tu es revenu avec By Dom Kennedy. Certes, tu aurais pu trouver mieux comme titre d’album, mais ce problème est vite résolu lorsque l’on commence l’écoute de ton nouveau projet. Des ambiances comme toujours très estivales, une gestion de l’album toujours aussi simple mais compacte et grandement menée. Tous ces ingrédients qui donnent au final un opus que l’on pourra écouter sans soucis et sans prise de tête pendant tout cet été au bord de la plage ou dans sa voiture. Bien qu’il ait produit un des projets de l’année, Kendrick a un peu oublié ses racines californiennes, mais toi non. Et on te remercie. D’ailleurs, il faudra toujours nous expliquer comment tu fais pour sortir des hits estivaux comme Fried Lobster, parce que là… ça frise le ridicule pour tes autres concurrents. Ah, j’allais oublier, bien que fervent de la côte est, Biggie aura sûrement apprécié le petit hommage sur Thank You Biggie. Reviens vite Dom. Reviens vite.

Dizzy Wright – The Growing Process

Passé inaperçu et ayant un peu déçu depuis sa nomination dans la liste XXL Magazine des Freshman Class 2013, Dizzy Wright a enfin démontré qu’il méritait cette place avec son deuxième album solo intitulé The Growing Process. Plus mature et plus impliqué, le natif de Las Vegas n’a pourtant pas trop changé son style. Fidèle à une vibe toujours aussi paisible et décontractée, le rappeur à réussi à nous imprégner dans l’ambiance de son album qui, il faut le dire, ne contient aucun déchet. Il est accompagné par son mentor et « oncle » de toujours qu’est nul autre que Layzie Bone, éternel membre du groupe légendaire des Bone-Thugs-n-Harmony mais aussi par Krayzie Bone qui vient prêter sa plume sur le très planant Don’t Ever Forget, hymne à la fumette. Que ça soit sur la poignante dédicace qu’il fait à sa fille (Daddy Daughter Relationship), sur le magnifique morceau où il est accompagné de Big K.R.I.T et Tech N9ne (God Bless America) ou encore sur l’hommage qu’il fait à Me Against The World (2Pac) et à In A Major Way (E-40) sur Train Your Mind, on ne s’ennuie pas lors de l’écoute entière de l’album. Mais l’homme qui a les mêmes yeux que Wiz Khalifa démontre aussi qu’il est à l’aise dans d’autres domaines avec des morceaux plus « turnt-up » comme le très réussi Floyd Money Mayweather. Son point fort, sans aucun doute sa capacité à bien choisir des hooks accrocheurs mais surtout son habilité à aborder des sujets d’actualité tout en restant technique et polyvalent derrière le micro.

Denzel Curry – 32 Zel/Planet Shrooms32 Zel - Planet Shrooms.jpg

Avec ce double EP à quatorze titres, Denzel Curry fait suite à Nostalgic 64, album qui lui avait permis de se faire connaître auprès du grand public. Dans ce nouveau projet, Denzel reprend les mêmes recettes qui ont fait croître sa notoriété. C’est-à-dire un rap funèbre, très sombre, des paroles morbides et une ambiance lugubre voire menaçante qui nous accompagne chaleureusement du début à la fin de l’album. Comme à son habitude, le meilleur ami de Dark Vador fait souvent référence à des films dans ses textes en n’hésitant pas à jouer avec des métaphores comme par exemple sur Envy Me :

Take down the empire bruh / In the hood just robin like William’s / Lets hope that they’ll never doubtfire

On retrouve cependant quelques morceaux moins obscurs sur cet opus comme le superbe Delusional Shone où le natif de Carol City (Floride), offre une prestation énergique sur une production remplie de synthés qui s’apparente à un style plus trap et sudiste. Hors de son domaine, Curry prouve qu’il peut aussi se divertir dans d’autres milieux avec un refrain plus joyeux et chanté. La fin du morceau est une instrumentale différente à celle du début qui nous fait partir sur un trip assez schizophrénique. Schizophrénique, tel est aussi l’adjectif qui pourrait qualifier ce projet. Comme le précédent de Curry d’ailleurs. Les productions ne sont pas seulement sombre et glauques, mais on ne serait pas surpris que le producteur aurait été sous l’emprise de stupéfiants lors de la réalisation des instrumentales qui, par ailleurs, réussissent très bien au style du rappeur. Un projet complet de bout en bout qui, comme son précédent, n’est pas accessible à tout le monde. Cependant, Curry reste fidèle à son style et devrait ravir ses fans avec ce double EP.

A$AP Rocky – At.Long.Last.A$APAtLongLastASAPCover.jpg

Ben oui, il fait partie de cette mini-cuvée pré-estivale et ne nous a en aucun cas échappé. Malheureusement, sorti pendant la période intensive des examens, l’album sophomore d’A$AP Rocky n’a pas eu le droit à sa chronique complète. Alors pour nous pardonner, il figure dans cette liste. Un album qui suit apparemment la même lignée que son précédent, mais pas complètement. En effet, Lord Pretty Flacko apparaît plus sérieux et introspectif dans A.L.L.A. en majeure partie dû à la perte d’A$AP Yams son ami de toujours et le créateur d’A$AP Mob. Plus réussi, plus mature et plus innovant que son premier opus, on retrouve des morceaux diversifiés mais qui sont homogènes les uns par rapport aux autres. Un projet qui passe par plusieurs ambiances, l’originalité d’un L$D mi-rappé et mi-chanté qui nous amène dans un énième univers créé par Flacko. Ou encore l’ode dédiée à Max B dans le morceau avec le titre éponyme qui est magnifiquement géré par A$AP et le surprenant Joe Fox au refrain, inconnu au bataillon jusqu’ici. Plusieurs atmosphères différentes qui permettent au natif de Harlem de livrer cette année un album géré de bout en bout, à sa sauce avec aucun déchet. Mention spéciale au come-back du toujours tant attendu Mos Def sur Back Home concluant un album qui pourrait prétendre être l’un des meilleurs de cette année 2015 très prolifique.

Kevin

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Boosie Badazz sur le chemin de la rédemption

Comment un artiste, fraîchement sorti de prison (10 mars 2014), peut-il avoir conservé autant de buzz après cinq ans d’incarcération ? C’est la question que l’on se pose au sujet de Boosie Badazz. Alors que tout le monde le donnait « mort » lors de son retour dans un milieu qui se renouvelle de plus en plus vite, le rappeur, qui se faisait appeler anciennement Lil’ Boosie, n’a pas perdu ne serait-ce qu’une once de notoriété. Pire, c’est à se demander si l’artiste sudiste a engrangé plus de buzz qu’il en avait auparavant durant son long séjour derrière les barreaux. Enchaînant des featurings avec des artistes de renom, des interviews ou encore en étant actif sur les réseaux sociaux, Badazz est omniprésent. Retour sur une carrière prometteuse qui aurait pu (dû) tomber aux oubliettes.

Il y a maintenant une décennie, Lil’ Boosie venait de signer sur Trill Entertainment, label fondé par le regretté Pimp C. Son compère de longue date, Bun B voyait en Boosie l’un des dignes successeurs du groupe UGK. Certains osaient même le comparer à un certain Tupac pour ses textes entreprenants et narratifs qui transpiraient et illustraient à la perfection les vrais faits de la rue. Une cote de popularité qui ne cessait d’augmenter pour le natif de Bâton-Rouge en Louisiane. Il aurait pu devenir un mastodonte de l’univers rap si ses infractions ou problèmes avec la justice n’existaient pas.

Ainsi, c’est le 22 septembre 2009 que sa descente aux enfers commence, alors qu’il est condamné à deux ans de prison pour trafic de drogue et possession d’armes. Mais quelques mois plus tard, le juge décide de doubler sa sentence car il a violé sa probation. Pendant cette période-là, il était en maison d’arrêt avec un bracelet électronique. Mais le pire reste à venir. En juin 2010, il est présumé coupable du meurtre de Terry Boyd, 35 ans. Cet ancien prisonnier se fait tirer six fois dessus par un certain Marlo Mike, un soir d’octobre 2009 dans les rues de Bâton-Rouge. Ce Marlo Mike a affirmé avoir été payé par un certain Torrence Hatch pour commettre ce meurtre. Et le vrai nom de Lil’ Boosie est bel et bien Torrence Hatch. Par ailleurs, il se trouve également que ce Terry Boyd était un ancien rival de rue de l’artiste: plusieurs preuves lient Boosie Badazz à ce meurtre au premier degré. Cependant, il sera acquitté de cette charge en 2012.

C’est à ce moment-là que Boosie commence à connaître un gros regain de notoriété (même s’il ne l’a jamais réellement perdue). En effet, son entourage et son quartier commencent à fabriquer des affiches et des vêtements imprimés du slogan Free Boosie afin de les distribuer. Le slogan devient alors une mode et ne tarde pas à se répercuter sur les réseaux sociaux avec le hashtag #freeboosie. Il ne reste plus qu’aux artistes de participer au jeu et de le citer dans leurs propres morceaux. Des rappeurs comme Meek Mill, Lil Wayne, Gucci Mane, Game, Yo Gotti ou encore 2 Chainz n’hésitent pas à relancer la cause avec des « Free My Nigga Boosie » placés dans leurs textes. Le phénomène prend tellement d’ampleur que chaque actualité concernant Torrence Hatch se retrouve sur Internet quelques secondes plus tard. Influent ou pas, le rappeur est libéré de prison le 5 mars 2014 pour bonne conduite même s’il reste sous liberté conditionnelle jusqu’en 2018.

« The best things in life are free, free my nigga Boosie, gone » Lil Wayne dans Bitches and Bottles.

Dès sa sortie, Badazz est demandé de toutes parts pour poser quelques couplets. On le retrouve notamment sur l’EP de 2 Chainz où le rappeur de la Louisiane prouve qu’il n’a pas perdu une once de son agressivité. En effet, sur Wuda Cuda Shuda, Boosie ne se fait pas prier et délivre une prestation de choix en crachant toutes ses tripes sur le beat de Mike Will Made It. C’est ensuite sur le clip du remix de Cut Her Off, banger de l’été, que le « Realest Rapper » ramène ses chaînes dorées afin d’effectuer le premier couplet du morceau. Reléguant au second plan ses collègues, Boosie effectue un seize-mesures à la fois tonitruant et charismatique. Il confirme alors qu’il n’a rien perdu de son flow et de sa voix criarde tant excentrique qui lui permet de se démarquer des autres. A ce moment-là, on apprend alors que l’enfant des rues n’en est plus un car il décide de changer son pseudo en Boosie Badazz. Il participe, entre autres, à Face Down (de l’album de DJ Mustard) en effectuant un refrain accrocheur et un dernier couplet de bonne qualité. Mais c’est aussi sur le mielleux Beez Like (de Jeezy) ou l’énergique Nickel Rock (de Rick Ross) que Boosie a forgé sa réputation actuelle.

Enfin, pour couronner le tout, le natif de Bâton-Rouge sort sa première mixtape officielle depuis sa libération de prison le 30 octobre de cette année. Life After Deathrow en est le titre, ce qui pimente la comparaison avec 2Pac, notamment à cause des sujets traités dans leurs titres à propos de la rue et de leurs séjours passés en prison. Une mixtape de très bonne qualité qui ne fait que confirmer le retour au premier plan de l’idole de Bâton-Rouge (sorry Kevin Gates). Les productions sont excellentes et loin d’être dépassées (O Lord). Boosie, lui, est remarquable au micro et livre des prestations de qualité tout au long de l’opus. On ressent également ses années passées en cellules dans ses textes et cela en devient émotionnel (Streets On Fire).

Pour finir, Boosie Badazz a sorti plusieurs singles ces derniers temps (On That Level, Heart Of A Lion ou Walk Like A Man) pour promouvoir son prochain album studio intitulé Touchdown 2 Cause Hell. De plus, un trailer assez fort en émotion est également sorti où l’on voit des images de l’artiste avant de se faire emprisonner. On ne doute donc pas de la grosse attente placée sur l’album si on sait que le rappeur est considéré comme une idole dans les rues des Etats-Unis. Une idole qui est passée par plusieurs épreuves sans qu’aucune n’ait pu empêcher son retour. Alors, come-back de l’année ou pas ?

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[Hip Hop Live] IAM, valeur sûre du rap français

On est samedi 19 avril, le coup de 22h a sonné depuis quelques minutes et la foule du Caprices Festival de Crans-Montana commence à s’impatienter. La raison? IAM, groupe mythique du rap français et fort de plus de 20 ans d’expérience live, va bientôt monter sur scène. Et si la tension est palpable, c’est qu’un concert du groupe marseillais est toujours une performance de haut vol, et toujours une réussite pour les organisateurs. Mais quels sont alors les ingrédients d’un tel succès?

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IAM @ Caprices Festival 2014, (c)Marc Ducrest

Minuit, le concert phare de la soirée vient de finir. Alors que les 6 artistes présents au concert sont déjà repartis et que la foule continue son ovation, le constat est frappant: IAM est une bête de scène. En tournée après leurs deux derniers albums sortis en 2013, Arts Martiens et IAM…, le groupe marseillais a encore une fois réussi son pari, à savoir réussir chacun de ces concerts en organisant un savant mélange entre morceaux classiques et succès récents, entre prestance sur scène et qualités techniques au rendez-vous.

Les classiques ne meurent jamais

L’âge n’a pas d’effet sur les grands classiques du rap français, et c’est pourquoi IAM ne vieillit pas. Ses succès, du moins. Alors que L’école du Micro d’Argent reste à ce jour l’un des plus grands albums de rap français de tous les temps, retrouver ces morceaux performés sur scène procure un plaisir énorme aux spectateurs. Ce retour aux années dorées du rap rappelle de vives émotions à la plus grande partie du public, souvent édulcoré de toutes les tranches d’âge possible. Car plus qu’un groupe aux succès passés, IAM se renouvelle sans cesse, par des albums réguliers, touchant ainsi les plus vieux comme les plus jeunes. Et c’est sans doute là, le plus grand défi qu’un live impose à ses artistes avant de devenir une valeur sure. Savoir transférer ces nouveautés musicales sur scène, en variant les performances tout en gardant le côté mythique des grands classiques. Et le pari se veut plus que réussi pour le groupe marseillais.

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IAM @ Caprices Festival 2014, (c)Marc Ducrest

Une ambiance chaude pour plus de plaisir

Alors que les concerts de rap US se heurtent souvent à un problème de langue pour communiquer avec le public, les performances d’IAM ne rencontrent pas ce problème, au contraire. Passés maîtres dans l’art d’instaurer une relation avec leurs fans lorsqu’ils sont sur scène, Akhenaton, Shurik’n, Kheops et consorts ne se préservent jamais quand il est l’heure de mettre l’ambiance, utilisant au mieux leur répertoire de petites animations scéniques. Sabres lasers dans l’ombre du Côté Obscur, banc et gyrophares quand vient Demain C’est Loin ou encore show disco des DJs à l’approche de Je Danse Le Mia, les surprises sont nombreuses. Et la qualité technique est également au rendez-vous. Pas en reste quand il s’agit de prendre le micro en main, le duo Akhenaton – Shurik’n continue à fasciner sur les plus grands classiques du groupe comme sur les morceaux tirés des derniers albums. Beaucoup retombent ainsi en enfance face à des titres comme Nés Sous La Même Etoile, Petit Frère ou Quand Tu Allais On Revenait. Point d’orgue de ces concerts de haut vol, Demain C’est Loin impose au public une émotion unique. Déjà long de base, le son prend une autre ampleur lorsqu’il est performé sur scène. 15 minutes de récital nous sont alors offertes, alternées entre passages a cappella et complicité avec un public qui connaît les paroles par coeur. 

Si la recette d’un concert réussi existe, alors IAM fait définitivement partie de ces artistes qui la maîtrisent parfaitement. La soirée de ce samedi passé au Caprices Festival n’a fait que confirmer ce fait. Face à une foule qu’ils ont très rapidement emmenée dans leur univers, les membres du groupe ont mis l’ambiance dans une soirée qui n’attendait qu’eux. Pour un public ravi et des organisateurs qui n’en demandaient pas moins.

IAM @ Caprices Festival 2014, (c)Marc Ducrest

IAM @ Caprices Festival 2014, (c)Marc Ducrest

Remerciements au Caprices Festival.

Par Manu.

 

 

 

 

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[Concert] ScHoolboy Q & Isaiah Rashad @ Les Docks 10.05.14

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Venez retrouver ScHoolboy Q aux Docks de Lausanne le 10 mai 2014, à l’occasion de sa tournée mondiale suivant la sortie de son dernier album, Oxymoron. Accompagné de son nouveau compère de chez TDE, Isaiah Rashad, Groovy Q nous promet une soirée enflammée dans une salle bouillante.

Pour l’occasion, HHSOM organise un concours qui peut vous permettre de remporter 2 billets pour cette soirée. C’est simple, il vous suffit de partager cette photo sur Facebook pour avoir une chance d’être parmi les 2 vainqueurs qui seront tirés au sort.

Vous pouvez également retrouver la chronique d’Oxymoron (ScHoolboy Q) et celle de Cilvia Demo (Isaiah Rashad).

Par Manu.

 

 

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[Rétrospective 2013] Producteurs US de l’année

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Lors de nos dernières rétrospectives, plusieurs artistes ainsi que leurs propres albums ont été honorés. Mais pour cette quatrième rétro concernant le rap américain, nous allons nous intéresser à une perspective moins mise en valeur. Ceux qui travaillent dans l’ombre et qui sont, la plupart du temps, oubliés lorsqu’un morceau est adulé de toutes parts. On parle bien évidemment des producteurs sans qui, il n’y aurait tout simplement pas de mélodie qui nous permettrait de hocher la tête lors de l’écoute d’un morceau sensationnel. En 2013, beaucoup de ces producteurs se sont acharnés sur leurs instruments, MPC, platines, synthétiseurs voire programme de création de musique afin de délivrer, pour notre grand plaisir, les meilleurs beats possibles aux emcees. Retour sur ces génies de l’instrumentale.

1. Pharrell Williams

pharrellIl est difficile pour un producteur de faire mieux que Pharrell cette année. Ce qui lui a valu cette première place, ce n’est pas seulement ses instrumentales livrées pour l’univers Hip-Hop, mais aussi son expansion dans les autres milieux musicaux. Quelques unes de ses productions font d’ailleurs partie des plus grands hits de 2013, comme ce déjanté Blurred Lines qu’ont interprété, comme leaders du machisme, Robin Thicke, T.I. et bien sûr Pharrell. Dans un autre style plus excentrique, on retrouve les Daft Punk pour lesquels Pharrell a contribué à l’élaboration de trois titres sur leur dernier album. Par conséquent, il prouve une fois de plus qu’il a cette aisance déconcertante de pouvoir passer d’un milieu comme le rap à un style plus funky comme le prouve le hit interplanétaire Get Lucky. Toutefois, le rap a également profité des instrus de M. Williams comme l’attestent les Feds Watching, Oceans ou encore S.N.I.T.C.H. de 2 Chainz, Jay Z et Pusha T respectivement. L’avantage de Pharrell par rapport aux autres producteurs, c’est qu’il arrive à se distinguer de ses collègues étant donné que le personnage sait chanter mais aussi rapper. Quasiment devenu traditionnel, il apparaît régulièrement sur les chansons qu’il a lui-même produites, que ça soit en tant que chanteur ou simple caméo dans les clips vidéos. Une prédominance qui lui permet de gagner en popularité par rapport aux autres créateurs d’instrumentales et de sortir plus fréquemment de l’ombre des artistes, place habituelle destinée aux producteurs. Quant à 2014, un EP commun avec Mac Miller nommé Pink Slime est en cours, on se frotte déjà les mains…

Titres clés : S.N.I.T.C.H. , Feds Watching , BBC

2. Mike Will Made It

lead_dpzfd« Mike Will l’a fait », on peut dire que son pseudo a pris un peu plus d’ampleur et de crédibilité. Car le producteur l’a fait. Pour Mike, 2013 a bien été l’année du succès et de l’ascension. Le producteur a suivi le chemin du leader des Neptunes pour produire des morceaux plus délicats dans un univers R’n’B. Mais il a aussi su s’entourer d’un autre phénomène de l’année, nommé Miley Cyrus. Secondée par Wiz Khalifa et Juicy J, on reste dans un univers Trap mais plus commercial avec 23 et sa production hypnotique. Souvenez-vous, il y a trois ans, ce génie des manettes commençait tout juste à se faire un nom avec le terrifiant Tupac Back. Un titre à vous faire vibrer corps et âme en moins de deux. Mais en 2013, il s’est trouvé à la tête de plusieurs grands projets marquants de l’année. A savoir le minimaliste mais intriguant Where U Been ? de 2 Chainz ou l’explosif Bugatti d’Ace Hood qui tourne encore maintenant dans les boîtes américaines. Ce qui est aberrant, c’est de ne pouvoir profiter que d’une seule minute du tonitruant Beach Is Better venu de nulle part, interprété par Jay Z pour son dernier album. Un titre à se mordre les doigts tant la production est aussi originale que géniale. Pour conclure, Mike Will Made It possède un grain de folie et une patte minutieuse dans ses productions qui lui permettent de se détacher de l’environnement « Trap Music » tout en y restant connecté et influencé par ce genre. Attention, ses créations sont à consommer avec modération, au risque de vous rendre psychoactif.

Lire l’article découverte sur Mike Will Made It

Titres clés produits : 23 , Bugatti , Sh!t

3. DJ Mustard

which-dj-has-been-signed-to-roc-nation-video-L-GqZ8qBMélangeant les sonorités de la côte Ouest avec celle du Dirty South tout en tentant de rendre ce cocktail minimaliste, voilà la recette de DJ Mustard. Une mixture que beaucoup d’artistes auraient appréhendé jadis, mais qui a relativement bien fonctionné l’année passée! Le terme qui a le plus souvent défini ce style est la Ratchet Music qui existait déjà bien avant, mais qui a été popularisée par ce producteur. Très prolifique, DJ a même sorti une mixtape collaborative intitulée ironiquement Ketchup qui rassemble des artistes de choix sur ses  productions. Mention spéciale à My Nigga interprété par son ami de longue date YG. En effet, le single a été certifié Gold par la RIAA, l’association d’industrie du disque. Pour couronner le tout, il signe le 18 novembre 2013 chez Def Jam.

Titres clés produits : My Nigga , Show Me , Headband

4. Kanye West

06eb1abdb9Sortir de l’ordinaire. Voilà comment pourrait se résumer 2013 pour Kanye West. Un sixième album controversé intitulé Yeezus où le rappeur/producteur prend part à l’élaboration de toutes les mélodies se trouvant dans son projet. Des instrumentales qui pourraient être jugées comme arrivées trop tôt dans le hip-hop actuel, mais qui participeront, surement, à l’évolution du genre dans quelques temps. Alors bien que les sonorités des On Sight, I Am A God ou Send It Up déplaisent à certains, il serait déraisonnable de contester le fait que Yeezy soit un génie de la prod. Chaque seconde d’une mélodie est dirigée et maniée avec une précision incroyable comme l’atteste la fin du morceau New Slaves. Une transition qui finit avec le sample du groupe d’Omega, certes loufoque, mais ingénieux. Même si à l’heure où j’écris ces lignes, l’intéressé rencontre des problèmes avec les droits d’auteur de Bound 2, c’est avec pas moins d’une quinzaine d’échantillons musicaux empruntés aux quatre coins du monde que Yeezy contribue à la production de son dernier opus. Sinon, il sait aussi distribuer ses œuvres venant tout droit du studio à son élève Travi$ Scott (Upper Echelon) ou à son fidèle lieutenant Pusha T pour My Name Is My Name, premier album studio de ce dernier. Sept productions aussi originales que celles de Yeezus comme le démontre Numbers On The Boards avec ces battements de caisses synthétiques sorties de nulle part.

Récapitulatif en une vidéo de tous les samples utilisés dans Yeezus

Lire la chronique de Yeezus

Titres clés produits: Blood On The Leaves , Black Skinhead , Numbers On The Boards

5. Noah « 40 » Shebib

07DH9Rs2oUg1u_3734Il avait commencé l’année en produisant Fuckin’ Problems, hit qui avait bien fonctionné pour assurer la promotion de l’album d’A$AP Rocky. Mais en général, le monde du rap avait du mal à y croire en voyant le nom de Noah « 40 » Shebib crédité à la production pour ce morceau qui ne rentre habituellement pas dans son style. Une mélodie très agitée et envoûtante. Cependant, l’année 2013 a également eu le droit à  ses productions mélancoliques et mielleuses accompagnées d’un boom-bap assez paisible et serein. Que ce soit tranquille ou mouvementé, 40 a excellé dans les deux domaines, surtout en participant à l’élaboration d’onze morceaux sur les seize disponibles de Nothing Was The Same, l’album sophomore de son allié de longue date, Drake. Tuscan Leather pourrait être cet exemple parfait. Le premier titre de l’album contient toutes les caractéristiques principales que l’on retrouve chez Noah. A savoir, un sample repris et rythmé sous différentes cadences, le tout accompagné par des percussions rendant l’instrumentale plus hip-hop. Ensuite, le producteur va même jusqu’à changer de mélodie en passant par une sonorité plus douce, son pêché mignon. Comme il l’a été pour Take Care, 40 est l’architecte principal du dernier album de Drizzy paru en 2013. C’est lui qui permet de garder une certaine homogénéité dans ce projet; celui qui seconde Drake dans ses succès les plus récents, c’est aussi lui. Pour finir, Started From The Bottom est produit par Mike Zombie certes, mais qui se trouve en tant que producteur additionnel? Vous l’aurez deviné…

Titres clés : Fuckin’ Problems , Hold On, We’re Going Home , All Me

Mentions spéciales :

El-P : 36″ Chain

randomblackdude : Chum

The Alchemist : Dough Pildin’

Boi-1da : Pound Cake

Erick Arc Elliott : G Tearz

par Kevin

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[Rétrospective 2013] Les albums français de l’année

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L’heure de la rétrospective 2013 est arrivée pour le côté francophone du blog. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année nous a plu. Nous faisant découvrir de nombreux projets de qualité, elle a mis en évidence les identités toujours plus diverses et marquée que contient notre rap francophone. De fait, elle possède des projets au format toujours plus divers. Le titre parle d’albums mais nous avons pris en compte, pour cette sélection, tout projet cohérent possédant au moins 10 titres. Nous aborderons les EPs et autres projets plus courts ou trop anarchiques dans notre sélection des 5 artistes qu’il ne fallait pas louper. Place aux projets.

Fayçal – L’Or Du Commun

fayalPrenez un rappeur humble, des productions mélodieuses, une textuelle sur-travaillée et faites-en un album. C’est grâce à cette formule simple que Fayçal se retrouve en haut de notre classement. Après deux opus d’un bon niveau mais encore un peu faibles dans les productions, Fayçal nous a présenté en 2013 son œuvre la plus aboutie: L’Or Du Commun. Comme son titre le suggère, cet album est hors du commun; jamais auparavant on n’avait vu un projet aussi parfait dans la forme. En effet, le rappeur bordelais met un point d’honneur dans le texte, alliant technique minutieuse et profondeur, parlant du commun, d’une manière peu commune. C’est son principal atout. On peut citer Lettres de Noblesses, morceau sur lequel Fayçal s’essaie à décliner une à une les lettres de son blaze dans des jeux sur les sonorités à n’en plus finir. Un élément qui manquait aux autres opus, présent dans celui-ci, ce sont les collaborations. En effet, on peut y retrouver L’indis, le C-Sen ou encore Demi Portion qui viennent magnifier le projet avec leurs apparitions. Il est clair que Fayçal maîtrise son sujet, il nous confirme avec cet album avoir l’une des plus belles plumes du rap français et nous démontre que l’on peut faire de l’or avec le vécu du commun.

Titres clés : Lettres de Noblesses / Mes Points D’interrogations /Requiem Pour Encre Fine
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Anton Serra – Frandjos

00-anton_serra-frandjos-web-fr-2013En début d’année, Anton nous est revenu avec un deuxième solo. Dans la suite logique du premier, on retrouve l’énergie et la spontanéité du emcee, sa hargne et sa famille sur la pochette. Joyeusement accompagné de son éternelle Animalerie, il nous livre des titres provocateurs ou déjantés, que côtoient des morceaux lucides et sombres sublimés dans La Carte de L’ignorance. La technique d’Anton étonne par sa finesse s’accordant pourtant à merveille avec la personnalité de vandale du rappeur. Anton Serra, c’est cet animal indéfinissable de Lyon, qui sait allier énergie et finesse dans un personnage entier.

Titres clés : La Carte de L’ignorance / Navigator / Hé oui feat Missak
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Jeff Le Nerf – Kilos de Plumes et Grammes de Plombs

IMG_1175Voici un vétéran du micro qui, comme les plus grands crus, se bonifie avec l’âge. Pour son quatrième album, Jeff a choisi le titre Kilos de Plumes et Grammes de Plombs. La plume car comme on le voit sur la pochette, Le Nerf l’a toujours en tête, donnant tout pour son stylo. Il nous prouve sur cet album sa maîtrise technique de ses célèbres multi-syllabiques. Et le plomb pour ses phases crues, sa vie hard et sa hargne légendaire. Du côté des thèmes, il nous raconte la rue, mais présente aussi un côté rêveur, des envies de partir sur Airbus ou C’est Fini par exemple. Jeff, fidèle à sa ligne nous présente un album cru et puissant, énervé mais sans trop se prendre au sérieux. On espère le retrouver sur un projet commun avec Furax en 2014, l’alchimie entre les deux rappeurs nous fut démontrée au sein  d’Inglorious Bastardz. Kilos de plumes et Grammes de plombs est l’un de ces projets qui nous viennent tout droit des tripes de l’artiste.

Titres clés : Intro / Petit Voleur / Matrix
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S-Crew – Seine Zoo

seine-zooL’Entourage, si vous suivez un peu les nouveaux talents, vous devez connaître. Dans ce collectif on retrouve un groupe talentueux composé de Framal, Mékra, 2zer et bien sûr Nekfeu : le S-Crew. Après deux mixtapes plutôt réussies, il était temps pour le groupe parisien de sauter le pas et de passer à l’album. Initialement prévu pour mars, puis juin, c’est finalement en septembre que sort cet album tant attendu. La réussite de cet opus réside dans la qualité technique des quatre emcees, spécialement 2zer et Nekfeu qui passent sans peine d’un style de rap à un autre, alors que Mékra et Framal restent meilleurs dans un registre plus street. Un autre point fort est l’éclectisme de l’album. Tantôt plus funk sur La Danse De L’homme Saoul ou Les Parisiennes, tantôt plus sombre sur Bonheur Suicidé ou Mon 75. On sent un gros travail derrière ce projet, se montrant bien plus cohérent que les précédentes mixtapes. Les quatre emcees y présentent leur identité sur des thèmes divers, traitant de leur vie quotidienne. Il faut noter les prestations toujours plus réussies de 2zer qui, par sa touche bien personnelle, apporte une dimension vraiment plaisante à l’ensemble.

Titres clés : Du Vécu / Déçu Par La Vie / Personne 7 Intro
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Swift Guad – Vice et Vertu

000-2Vice et Vertu est le projet de la transition pour le narvalo. Son style a en effet grandement évolué. Ancienne idole des amateurs de boom bap, le emcee nous revient sur des beats largement électroniques, frisant parfois la trap. Les puristes totalement allergiques à l’auto-tune et aux refrains chantés auront de la peine à apprécier ce projet mais il en vaut la peine. L’évolution réussit mieux à Swift que certains le penserait et il se plait à merveille dans cet environnement, flow rapide et puissant collant parfaitement à l’ambiance. 18 titres, officiellement une mixtape, et pourtant ce projet est étonnamment cohérent. Le narvalo aborde des thèmes variés et s’attaque à des story-telling tout en gardant sa dimension freestyle qui fait de lui ce kickeur sur-productif. Loin des Dernière Lettre, ou Vice, tellement appréciables et qui ont fait son succès, Swift récidive dans un univers nouveau et nous saluons l’effort, attendant avec impatience son prochain album : La Chute des Corps.

Titres-clés : Grandeur & décadences / Faire feat. Deen Burbigo / Le monde à l’envers feat Paco

Espiiem – Haute Voltige

1236095_571370356254629_1444938438_nEspiiem nous fait découvrir une nouvelle partie de lui-même sur ce dix titres. Nouvelle étape de son parcours, Haute Voltige présente la qualité d’avoir des beats minutieusement sélectionnés, venant de producteurs aussi bien canadiens que français, choisis sans limite. On retrouve le emcee dans des thèmes encore plus introspectifs qu’auparavant, comme dans Devant Dieu, faisant parler la sincérité caractéristique du personnage. Mais il s’attaque aussi à des sujets tels que les femmes ou l’envie de partir. Les beats de qualité comme structure, son écriture frontale peut s’envoler, transportée par sa puissante voie caverneuse. Haute Voltige est un projet compact alliant mélodie sur-travaillée, sincérité et une nouvelle facette de l’artiste. Il est toujours aussi plaisant de voir Espiiem évoluer.

Titres-clés : More Love / Kilimandjaro
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Davodka – Un Poing C’est Tout

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Membre du collectif MSD (Mentalités Son Dangereux), Davodka est un rappeur officiant dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Après une longue période à évoluer dans son groupe, Un Poing C’est Tout est le premier album de ce jeune rappeur parisien, sorti gratuitement sur le net. Un peu passé inaperçu car peu connu, cet album est un magnifique condensé de punchlines sur fond d’instrumentaux plutôt nostalgiques. L’artiste y démontre un gros potentiel de kickeur, le débit est impressionnant – on irait jusqu’à le comparer à Hugo Boss.  L’album comporte deux faces, la première plus agressive : punchlines à gogo et égotrip comme on le voit sur Un Poing C’est Tout ou sur Le Mur Du Son. La deuxième est beaucoup plus intimiste, on sent que le Parisien se confesse à son public et lâche (un peu) les punchlines pour aborder ses sentiments derrière son micro. Cet aspect s’illustre spécialement sur Au Boulot Du Goulot, très beau morceau sur une splendide production d’Art Aknid, spécialiste des productions nostalgiques. Un excellent premier album pour un jeune rappeur prometteur et le tout gratuitement, profitez !

Titres clés : La Der Des Der / Au Bout Du Goulot
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Fadah – Les Loges De La Folie

1440x1440_COUV-ALBUM_Fadah_Les-loges-de-la-folieCette année, un collectif a commencé à faire son trou dans le paysage du rap français: Omerta Musik. Clairement underground, cette percée s’est faite grâce à deux bonnes mixtapes collectives, par le projet de Melan mais surtout par l’album de Fadah, Les Loges De La Folie. Comme son nom l’indique, le projet est plutôt sombre, passant de ce fait à côté d’un quelconque buzz. Et pourtant le talent est présent tout au long de cet opus. Fadah nous y expose sa vie d’artiste, faisant du rap dans son coin. Il aborde la difficulté de percer quand, comme lui, on ne veut pas faire de la musique pour plaire mais la musique qui nous plaît. On le voit sur des titres comme Anti Héros ou J’irai Pas Chercher L’or en collaboration avec son pote Melan. Le rappeur toulousain critique aussi notre société comme sur Le Bal Des Camés. Magnifique, le morceau s’attaque à internet et toutes les imbécilités qu’on peut y voir. Puis dans le deuxième couplet il s’attaque aux femmes faciles, vulgaires, prêtes à faire n’importe quoi pour de l’argent et enfin, et c’est là la force de Fadah, il fait une autocritique du jeune fumeur de shit et manquant de motivation. Une écriture intelligente qui n’hésite pas à dénoncer, le tout sublimé par des instrumentales de Metronom, Mani Deiz, Rakma, Slim Guesh, ou encore Fonka.

Titres clés : Le Bal Des Camés / J’irai Pas Chercher L’or

Rocé – Gunz n’ Rocé

gunz-nrocéRocé fait parti de ses solitaires de l’univers du rap français.  Il nage à contre-courant et nous le fait savoir. On pourrait par facilité lui coller l’étiquette d’intellectuel mais Rocé ne se place dans aucune case prédéfinie. Avec un flow bien personnel, peu tape-à-l’œil, Il impressionne surtout sur cet album, comme à son habitude, par la profondeur de ses textes. La vitesse des modes empêchant d’avancer ou les habitus, héritage culturel et social qui nous façonne, tous font parti de ses sujets. C’est un rap qui demande à être écouté avec les deux oreilles mais qui donne, sans moralisation, de la matière pour réfléchir. Trois ans après L’être humain et le réverbère, Gunz n’ Rocé est un album court, plus axé punchlines diront certains. Rocé témoigne d’une grande linéarité, même avec des albums espacés, gardant sa touche des plus personnelles. Il semble aussi qu’il ait de beaux jours devant lui : il a rejoint l’Asocial Club aux côtés de Vîrus, Casey, Prodige et Al – réunion des talents solitaires de notre vieux rap français.

Titres-clés : Assis sur la lune / Habitus

Joke – Tokyo

joke_tokyoSi certains font du rap à l’américaine, Joke le fait à la Niponne. Comme le Japon, ce rappeur est au top de la technologie, certains le diront en avance sur son temps, nous noterons surtout la qualité de ses productions. Avec certaines instrus très électros ou trap, d’autres se contentant d’une boucle de piano et d’un chœur, elles sont choisies sans barrières. De fait, elles forment le principal atout du projet. Avec Booba comme idole, le Montpelliérain fait de l’egotrip pur, dans toute son arrogance, « je veux une statue de moi, une salope qui la masse ». On aime ou on aime pas. Le flow aussi explore de nouveaux horizons, on déplorera que Lino ne s’y plaise pas, livrant un couplet décevant sur 501 lunettes Cartier. Harajuku est clairement le point d’orgue de L’EP, son clip, plaisant, a été tourné au Japon.

Titres clés : Harajuku / Max B

Par Bastien et Loïck

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[Rétrospective 2013] Artistes US de l’année

MosaïqueFinale

De nos jours, même s’il y joue un rôle important, la sortie de l’album d’un artiste en vogue ne suffit plus pour s’imposer auprès du grand public et de ses collègues du milieu. En effet, la productivité, notamment en ce qui concerne les featurings, est très importante pour s’exporter et bénéficier d’une visibilité plus grande. Ensuite, une présence médiatique et artistique est nécessaire avant la parution de l’album, bien entendu, mais également et surtout après sa sortie, afin d’en continuer la promotion et ne pas se faire éclipser par d’autres artistes ou sorties. Kendrick Lamar nous a ainsi démontré comment il est arrivé à occuper les devants de la scène durant toute cette année 2013 alors que son dernier album était sorti en fin d’année précédente. En outre, une tournée mondiale, un partenariat avec une grande marque ou la participation aux projets de son crew/groupe sont d’autres éléments qui permettent à un rappeur d’imposer sa voix, indépendamment de la sortie de son propre album. Les trois artistes les plus importants de cette année selon HHSOM ont marqué de leur empreinte 2013 par les moyens précités. Découvrez les ci-dessous:

1. Kendrick Lamar

Kendrick-LamarAlors que le magazine Complex désignait, au début du mois d’avril, « The Best Rapper Alive, Every Year Since 1979« , une liste qui consistait à élire le meilleur rappeur de chaque année depuis 1979, il nommait, pour 2012, Drake qui n’avait pourtant pas sorti d’album. Un choix incompréhensible pour certains mais qui s’explique encore cette année avec Kendrick Lamar. Lui non plus n’a pas sorti d’album en 2013. Pourtant, il a occupé les devants de la scène durant toute l’année: premièrement en surfant sur le succès de son deuxième disque good kid m.A.A.d city qui a été certifié platinum au mois de juin. Ensuite avec l’aide de son label TDE, lorsqu’il rappait au côté de ScHoolboy Q sur Collards Green, lors de l’impressionnant remix de U.O.E.N.O. de Rocko, ou encore à l’occasion de leur freestyle au BET Awards. Enfin, il a été présent également grâce ses apparitions sur les morceaux de 50 CentRobin Thicke, Fredo Santana, Young Jeezy, Kid Cudi, Birdman, Tech N9ne ou encore Eminem et en faisant partie de la tournée de Kanye West, excusez du peu. Surtout, c’est son couplet dans Control de Big Sean, dans lequel il défiait ses collègues comme J.Cole, Mac Miller ou A$AP Rocky, et s’établissait en roi de New York, qui lui a permis d’occuper les devants de la scène. S’en est suivi un buzz et une polémique mémorables ainsi que de nombreuses réponses, venant d’MC en manque de buzz comme Joe Budden ou Papoose, ou de jeunes pousses comme King Los ou Joey Bada$$. Si ces arguments ne vous suffisent pas, je citerai encore ses 7 nominations au Grammy Awards. La justification était presque la même pour Drake en 2012 sauf que lui n’avait obtenu que 3 nominations pour cette même cérémonie.

2. Drake

DrakeSi la productivité et la qualité sont deux éléments parmi les plus importants pour être un des rappeurs de l’année, alors Drake mérite sa place sur le podium. En effet, Drizzy a été omniprésent depuis le début de l’année, à partir de la parution du tube Started From The Bottom, jusqu’à la sortie de son troisième album Nothing Was The Same qui s’est vendu à plus de 1,3 millions d’exemplaires, rien qu’aux États-Unis. En guise de promotion, le rappeur Canadien a sorti quelques très bons morceaux comme 5AM In Toronto, Jodeci Freestyle avec J.Cole, The Motion, Girls Love Beyonce, puis All Me. Il a également été un featuring omniprésent cette année pour Snoop Lion, 2 Chainz, DJ Khaled ou PARTYNEXTDOOR, artiste qu’il a découvert récemment. Il a aussi pu collaborer avec Justin Timberlake, Timbaland, YG, Future ou Migos, sur le titre Versace qu’il a grandement aidé à populariser. En outre, Drake a occupé une partie de l’attention par son  festival: OVO Fest en août, qui réunissait des grands noms du milieu comme Ma$e, Diddy, Wale, A$AP Rocky ou Kanye West. Il a également débuté en octobre son Would You Like A Tour, tournée mondiale qui se terminera au mois de mars. Malgré cela, il faudra peut-être que Drake fasse encore plus en 2014 s’il ne veut pas se faire éclipser par Kendrick Lamar son plus grand adversaire, au micro comme sur les charts.

3. A$AP Rocky

asap-rocky-fuckin-problem-500x500Dire qu’on attendait A$AP Rocky au tournant cette année serait un euphémisme. Alors que 2013 sonnait pour lui comme l’heure de la confirmation, Rakim Mayers nous a époustouflé avec son premier album maintes fois repoussé: Long.Live.A$AP. Malgré le fait que ce disque soit sorti en tout début d’année, A$AP Rocky a été un acteur éminent de 2013, grâce à de nombreux featurings et quelques morceaux inédits (Same Bitch avec Trey Songz et R. Cali). Toutefois, son crew, l’A$AP Mob, a majoritairement participé à sa visibilité. En effet, A$AP Rocky fut une pièce maîtresse dans la promotion du premier album d’A$AP Ferg: Trap Lord, en attestent les nombreux freestyle effectués avant sa sortie et sa présence sur deux des trois singles du projet (Work (Remix) et Shabba). De plus, le freestyle des BET Awards fut une autre raison de sa présence médiatique. Toutefois, le fait qu’il nous ait livré un premier album excellent répondant aux attentes, et ce malgré la pression, mérite toute célébration et justifie principalement sa présence dans ce classement.

Par Dimitri.

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[Rétrospective 2013] Albums US de l’année

MosaïqueFinale

L’année 2013 fut riche en sorties hip-hop de l’autre côté de l’Atlantique. Les grosses pointures, que sont Jay-Z et Kanye West, les nouvelles figures de proue du rap game, A$AP Rocky et Drake, les jeunes rappeurs qui cherchent à confirmer leur talent, représentés par Earl et Mac Miller, les vieux dinosaures tapis dans l’ombre, R.A. The Rugged Man et Ghostface Killah, et bien d’autres encore…Tous ont répondu présents lors de cette année écoulée, pour nous offrir ce qui se fait de mieux actuellement. Petite sélection des albums phares de 2013, par HHSOM et pour votre plus grand plaisir.

Danny Brown – Old

old

Après plusieurs mixtapes et albums téléchargeables gratuitement, le rappeur le plus déjanté de Detroit a choisi 2013 pour commercialiser son premier album, sobrement intitulé Old. Sobre? Cet album est tout le contraire. Ingénieusement scindé en deux parties distinctes, l’une faisant la part belle à l’ancien Danny Brown, celui que l’on a pu entendre sur des projets tels que Hot Soup en 2007, l’autre constituant une véritable ode aux drogues; l’album contient tout ce que l’auto-proclamé Black Brad Pitt sait faire de mieux. Rappelant de façon sombre et cynique son passé de dealer et de taulard, sa jeunesse dans un milieu difficile, la première partie se veut introspective et intime. Puis, Daniel grandit. Il maigrit, échange ses grosses doudounes pour des jeans slims, se coupe les cheveux. Il ne vend plus de dope, il la consomme. MDMA, weed, ecstasy, tout y passe; Daniel est devenu une rockstar et le fait savoir sur la deuxième partie de son album. Toujours entouré de ses compères de chez Fool’s Gold, il nous fait passer de sa cellule à une énorme house party décadente, du rap froid de Motor City à de la dubstep qui déboîte. Bah ouais, Danny fait plaisir à tout le monde et se fait plaisir. Autobiographie d’un trentenaire pas comme les autres, Old est à l’image de son créateur : ambivalent, voire schizophrène, mais génial et fascinant.

Titres-clés : Torture, Dip, Dope Fiend Rental

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A$AP Rocky – Long.Live.A$AP

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Sorti en début d’année, le premier album de notre Pretty Motherfucker ne s’est pas fait submerger par la concurrence, loin de là. Un an plus tard, Long.Live.A$AP n’a toujours pas arrêté de tourner et c’est tout sauf une surprise. Si l’ambiance ensoleillée et codéïnée de Live.Love.A$AP s’est quelque peu estompée, laissant place à un univers plus sombre, mais également plus esthétique, Rakim Meyers n’a pas changé. L’ambiance est, à l’image de son style, toujours soignée jusqu’au moindre détail. Les productions de Birdy Nam Nam et Skrillex côtoient celles de Hit-Boy, Clams Casino ou Danger Mouse et tout cela sans le moindre souci de cohérence. Les gros hits (Goldie, Fuckin’ Problems, Wild For The Night) se mélangent parfaitement au posse cut qu’est 1Train et sa pléthore d’invités et aux morceaux plus introspectifs que sont Suddenly ou Phoenix. Rocky a tout calculé et a fait les choses en grand pour ses débuts commerciaux chez l’écurie RCA Records de Sony, ajoutant par la même occasion la première pierre à l’édifice de la domination de son A$AP Mob sur le rap game. Rappelons que l’album avait leaké plus d’un mois avant sa sortie prévue. Rocky ne s’en était pas inquiété du tout, et on sait désormais pourquoi. Le trône de New York lui tend les bras, quoiqu’en dise Kendrick Lamar. La machine est en marche.

Titres-clés : Goldie, 1Train, Phoenix

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Earl Sweatshirt – Doris

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Après deux ans passés dans un camp aux îles Samoa, éloigné de tout et surtout de son crew Odd Future qui avait façonné le style du gamin de 16 ans qu’il était lors de son premier projet éponyme, Earl Sweatshirt a muri. Il est toujours le plus grand talent que compte OF dans ses rangs, mais il a troqué ses lyrics désinvoltes et résolument gore pour quelque chose de plus profond. Tout aussi perturbants, mais indiscutablement plus sérieux, les vers que lâche Earl sur Doris, de cette façon nonchalante qui lui est propre, ne font pas dans la dentelle. Si Earl composait de la musique de film, il serait passé de Saw à Shining. Son phrasé lent et sa voix grave se calquent parfaitement sur des beats torturés et vacillants, procurant à cet album une atmosphère lourde et infiniment noire, comme si Earl était revenu d’entre les morts pour nous cracher sa peine. Impressionnant de maturité pour son âge, Earl se livre sans tabou, comme sur le déstabilisant Chum : I’m indecisive, I’m scatterbrained, and I’m frightened, it’s evident, and them eyes where he hiding all them icicles at. Earl est de retour, mais son esprit est ailleurs, probablement quelque part qui ressemble à ça.

Titres-clés : Hive, Chum, Molasses

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Ghostface Killah & Adrian Younge – Twelve Reasons To Die

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Les résurrections, Tony Starks, il connaît. Le légendaire meurtrier au masque de fantôme est revenu d’entre les morts en 2013 pour se venger de cette famille de mafieux qui l’avait éliminé. Tel est le fil rouge de l’histoire contée par Ghostface Killah sur Twelve Reasons To Die et orchestrée de main de maître par Adrian Younge, producteur de BO aux influences très soul. On le sait, l’éminent Dennis Coles n’a pas pour habitude de se reposer sur ses lauriers et aime bien explorer différents horizons. Contrairement à ce qu’il a pu faire par le passé, le choix effectué en 2013 s’est révélé être parfait. Le producteur perfectionniste qu’est Adrian Younge propose un travail très orchestral et soul qui constitue une vraie atmosphère de film autour du membre du Wu-Tang. Ce dernier fait le reste avec un storytelling des plus maîtrisés et des lyrics tranchantes. GFK est sorti de l’ombre en cette année, pour le plus grand bonheur des aficionados du Clan, mais également pour tout fan de hip-hop, le MC n’ayant rien perdu de sa verve et ayant su se renouveler grâce au travail dantesque de Younge, qui insuffle un nouveau vent de fraîcheur sur l’énorme discographie du Ghostface. Formule gagnante.

Titres-clés : The Rise Of The Ghostface Killah, Murder Spree, An Unexpected Call (The Set-Up)

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Pusha T – My Name Is My Name

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Après de longues années passées au sein du groupe Clipse, qu’il formait avec son frère No Malice, Terrence Thornton a décidé de poursuivre l’aventure seul. Pas complètement seul toutefois puisqu’il bénéficie de l’apport et du soutien de Kanye West et de son label GOOD Music sur lequel il est signé, ce qui n’est pas négligeable. Après l’EP Fear Of God II : Let Us Pray et des apparitions remarquées sur Cruel Summer, King Push a enfin lâché son My Name Is My Name et n’a fait que de confirmer son statut de rappeur expérimenté et talentueux. Bien aidé par les productions de Don Cannon sur l’extraordinaire Numbers On The Boards, Kanye West ou encore Pharrell Williams sur S.N.I.T.C.H., rappelant le bon temps des incroyables collaborations Clipse-Neptunes, Pusha T est fidèle à lui-même. Ses lyrics sombres, torturées et street à la fois font toujours effet, et son flow incomparable le démarque aisément de la concurrence. Ajoutons à cela des refrains envoûtants de Chris Brown et Future (Sweet Serenade, Pain), un couplet impressionnant et tout aussi sombre de Kendrick Lamar (Nosetalgia), l’un des meilleurs couplets de Rick Ross de ces dernières années (Hold On) et nous obtenons tout simplement l’un des meilleurs albums de l’année. Et dire que Push s’est enfermé en studio avec les Neptunes pour sortir un album en 2014, ça promet!

Titres-clés : Numbers On The BoardsS.N.I.T.C.H., Nosetalgia

R.A. The Rugged Man – Legends Never Die

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En presque 25 ans de carrière, Richard Andrew Thorburn n’a sorti que deux albums : Die, Rugged Man, Die en 2004 et donc Legends Never Die en 2013. Pourtant, le bonhomme est tout sauf un paresseux. Ce manque de commercialisation, il le doit à une carrière difficile et instable, un peu à l’image de sa vie. Fils d’un sergent vétéran du Viêtnam, guerre dont sa famille porte toujours les séquelles, R.A. The Rugged Man porte plutôt bien son blaze et n’a jamais abandonné sa plus grande passion, le hip-hop. Et c’est en redoublant d’efforts qu’il a pu nous offrir ce deuxième album. Long de 17 titres, riche en collaborations et en producteurs différents, Legends Never Die ne l’est pas moins au niveau des thèmes abordés. De l’ego-trip humoristique (Shoot Me In The Head) à la critique de la société (Learn Truth), en passant par la description de quelques tristes événements de sa vie (Legends Never Die (Daddy’s Halo)) et des morceaux orientés battle avec ses potes de toujours que sont Brother Ali ou Vinnie Paz, le Rugged Man a sorti l’artillerie lourde. Sa versatilité et son flow à toute épreuve impressionnent encore et toujours. Peu importe que la réussite commerciale ne soit pas au rendez-vous, R.A. a comblé ses fans avec cette seconde offrande et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

Titres-clés : Learn Truth, Legends Never Die (Daddy’s Halo), Sam Peckinpah

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Tyler, The Creator – Wolf

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Troisième album de Tyler, The Creator et troisième (ou premier selon les interprétations) épisode de la trilogie, complétée par Bastard et Goblin, Wolf reste dans la même veine que ses deux prédécesseurs, tout en démontrant une certaine évolution de la part de Tyler. A l’image de son compère Earl, Tyler a notamment développé ses thèmes abordés et ses qualités lyricales. L’atmosphère est aussi sombre que sur Bastard et Goblin, mais Tyler aborde des sujets aussi divers que l’absence de son père (Answer), la déclaration d’amour à une personne que l’on a peur de perdre (IFHY) ou encore la lettre à un fan (Colossus). Il continue à user et à abuser des divers personnages crées par son esprit pour garder la touche de détachement et de second degré qui lui est si caractéristique. A l’image d’Earl également, Tyler n’a pas seulement progressé derrière le micro, mais également à la production, se payant même le luxe de produire l’intégralité de son album seul. Décidément un grand pas en avant pour le leader d’Odd Future, mais également pour tout son crew, qui semble de plus en plus s’épanouir dans l’industrie de la musique, sans ne plus avoir à se soucier du buzz qui leur collait à la peau à leurs débuts.

Titres-clés : IFHY, Rusty, Answer

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Drake – Nothing Was The Same

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Deux ans après avoir sorti Take Care, qui l’avait propulsé sur les devants de la scène hip-hop avec des hits tels que Headlines ou Hell Ya Fuckin Right, Aubrey Graham récidive en cette année 2013 avec Nothing Was The Same. Et le jeune rappeur canadien n’a pas changé de recette. Toujours partagé entre rap et R’n’B, Drake nous emmène dans son univers mélancolique et finalement assez sombre, dans lequel les seules éclaircies interviennent avec des morceaux comme Started From The Bottom, véritable hit de l’année 2013. Entre couplets agressifs sur Tuscan Leather ou Pound Cake, sonorités directement inspirées de la musique sudiste sur Connect ou Own It, ou morceaux mielleux très orientés pop comme Hold On, We’re Going Home, Drake fait du Drake et il le fait bien. Plus court que Take Care, mais également plus compact, Nothing Was The Same montre toutes les qualités du natif de Toronto sous son meilleur jour. Toujours accompagné de son producteur Noah ’40’ Shebib, Drake chante, rappe et fait mouche, une fois encore, à défaut de faire l’unanimité. Cependant, quoiqu’en disent les pessimistes, Drake ne déçoit quasiment jamais, grâce à son éthique de travail irréprochable et ses exigences toujours plus poussées, tant au niveau des productions que de l’homogénéité. Et son dernier album en est une énième preuve.

Titres-clés : Started From The BottomConnect, Pound Cake

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Mac Miller – Watching Movies With The Sound Off

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Malgré des ventes plus que respectables, Mac Miller avait déçu avec son premier album Blue Slide Park, et c’est le moins que l’on puisse dire. Trop simple, trop immature, la musique de Mac n’était a priori destinée qu’aux adolescents prépubères friands de musique ambiancée pour faire la fête. Mais Mac n’avait pas envie de ce genre de carrière. En deux ans, il s’est trouvé une personnalité et Watching Movies With The Sound Off en est imprégné. Plus personnel donc, mais également moins accessible, Watching Movies montre un Mac Miller à la limite de la dépression, sous l’emprise de drogues, en conflit avec soi-même. Plus mature, Mac se livre, en entier et sans censure, à l’image de cette pochette d’album, en dévoilant tantôt ses fantasmes sur Mila Kunis (Bird Call), tantôt ses sentiments à l’égard de la mort de l’un de ses amis (REMember). Abandonnant sa musique calibrée pour la radio au profit d’une véritable ambiance brumeuse, Mac nous expose son talent de la façon la plus complète qui soit, avec quelques unes de ses propres productions signées du pseudonyme Larry Fisherman, toujours parfaitement adaptées à cette nouvelle personnalité. Il ne lui reste désormais plus qu’à explorer cette voie.

Titres-clés : REMember, Red Dot Music, Watching Movies

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Inspectah Deck, 7L & Esoteric – Czarface

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Inspectah Deck est incontestablement l’un des meilleurs MC que le hip-hop ait connu. Seulement, à l’instar d’un Canibus par exemple, il n’a jamais bénéficié des productions et d’une promotion à la hauteur de son talent. Toujours dans l’ombre des figures emblématiques du Wu-Tang qu’étaient et que sont Method Man ou Raekwon, le Rebel INS  ne s’est jamais privé de leur voler la vedette sur des morceaux comme Triumph ou Protect Ya Neck. Près de 20 ans plus tard, il décide de s’allier avec le duo DJ/MC de Boston, 7L & Esoteric qui sévissent également depuis un moment dans le hip-hop avec notamment les productions boom-bap de 7L et les collaborations d’Eso avec Army Of The Pharaohs. Et c’est comme cela qu’est né le superhéros Czarface, véritable réunion de trois valeurs sûres du rap game qui n’ont plus rien à prouver mais qui sont toujours à la recherche de bons moments. Et ça se ressent, les trois compères nous livrent un projet propre, sans prise de tête, avec les collaborations de Roc Marciano, Action Bronson, DJ Premier ou Ghostface Killah. Le constat est toujours le même : Inspectah Deck manie le mic mieux que n’importe qui, 7L régale avec ses productions typées années 90, et Esoteric n’a pas à rougir de la comparaison avec son ainé. Un excellent projet transpirant les années 90 et la décontraction, bien méritée pour trois personnages qui ont donné tout ce qu’ils avaient au hip-hop, et comme on n’en fait plus aujourd’hui. Respect.

Titres-clés : Air ‘Em Out, Savagely Attack, Cement 3’s

Mentions spéciales :

J.Cole – Born Sinner

Kanye West – Yeezus

Killer Mike & El-P – Run The Jewels

Par Patrik

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Rétrospective 2013

MosaïqueFinale

Pour bien clôturer cette année 2013, l’équipe s’est de nouveau réunie pour effectuer une rétrospective sur 2013, année riche en surprises, en émotions mais aussi en déceptions. Sachant que chacun a ses propres goûts, il a été difficile de regrouper tous les projets, artistes ou groupes cités. C’est pour cela que nous avons voté chacun notre tour les meilleurs de chaque catégorie afin de dévoiler au maximum les préférences de tous.

Voici les catégories traitées qui seront dévoilées d’ici peu :
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RAP US:

RAP FR:

HHSOM

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[Rétrospective 2013] Rookies de l’année

MosaïqueFinale

Pour commencer cette rétrospective version 2013, l’équipe vous dévoile les cinq meilleurs rookies de ces douze derniers mois. Qu’entend-on donc par le mot « Rookie« ? Il s’agit d’un jeune rappeur presque inconnu jusque-là, qui a su exploser et montrer ses meilleures qualités en une année. De plus, ces jeunes emcees cités ci-dessous vont être suivis de très près en 2014 par HHSOM car leur talent ne fait plus aucun doute. Leur possibilité de gravir les échelons du Hip-Hop cette année sera sans aucun doute déterminante pour leur carrière musicale. Mais plusieurs d’entre eux l’ont déjà entamée sans soucis…

1. Chance The Rapper

131204-Lollapalooza-12-Chance-the-Rapper-year-in-music L’année 2013 était bien son année à lui. L’éclosion d’un talent brut hors pair venant tout droit des rues de Chicago! Alors que les jeunes artistes issus de Chi-Town s’essaient quasiment tous au nouveau courant hype appelé la Drill Music, un genre de Trap Music aux sonorités synthétiques très agressives agrémentées de grosses basses violentes; Chance, lui, s’essaie à un tout autre genre. Une musique inspirée tout droit de la soul où la voix du rappeur, certes authentique, l’accompagne à merveille. Que ça soit chanté ou rappé, le courant passe à merveille et même s’il avait déjà effectué une mixtape auparavant qui était quasiment passé inaperçue (10 Day), Acid Rap, son deuxième effort englobe toute cette alchimie. Créant le buzz intersidéral dès sa sortie en avril, la mixtape ne reçoit que des critiques favorables, dont la nôtre. Bercés par cette atmosphère qui vous accompagne de l’introduction jusqu’à la conclusion du projet, l’équipe complète a été séduite. Insufflant un vent de fraîcheur dans le monde du rap grâce à des morceaux à la fois humoristiques mais aussi addictifs comme l’atteste le sulfureux Cocoa Butter Kisses, le rappeur est acclamé de toutes parts. Il va même jusqu’à faire une collaboration avec Justin Bieber sur Confident en cette fin d’année ainsi que sur le dernier album de Childish Gambino. C’est dire… Ayant récemment effectué sa tournée The Social Experiment Tour avec, quelques fois, la compagnie d’un certain Eminem, un premier album officiel serait en route pour 2014. On attend ça avec impatience!

2. Isaiah Rashad

isaiah-rashad-smoke-thumb Alors oui, le bonhomme n’a pas sorti d’album l’année passée, ni même une petite mixtape. Mais alors le talent il l’a. Est-il possible d’être parmi les meilleurs rookies de l’année sans avoir sorti de réel projet? La réponse est oui. Pourquoi? Parce qu’il a 22 ans et tout à prouver. Parce que techniquement il est très bon. Parce que chaque parole qu’il crache est remplie d’émotions. Parce qu’il est versatile et n’a aucun problème pour alterner son flow sur différents rythmes de productions. Parce que 2013 a été l’année où il a signé avec TDE. Parce que I Shot You Down est monstrueux. Parce que Ronnie Drake et Brad Jordan sont paisibles. Et pour finir, parce que son freestyle effectué aux BET Hip Hop Awards Cypher est loin d’être ridicule par rapport à celui de son leader, Kendrick. Tout ça pour dire que le natif de Chattanooga, Tennessee a, si tout se passe bien, un bel avenir devant lui. Le meilleur dans cette histoire, c’est que sa signature avec le label Top Dawg lui convient à merveille, car on aurait du mal à le voir dans une autre maison de disques. Son style plutôt posé sied parfaitement avec la marque de ses nouveaux collègues. Retenez bien ce nom et aussi le mot Clivia qui est nul autre que le titre de son premier projet officiel qui, espérons-le, sortira cette année!

3. Vic Mensa

Vic+Mensa+vicSortant aussi de Chicago dans l’Illinois, Vic Mensa, 20 ans, faisait partie d’un live band nommé Kids These Days avant de partir en carrière solo début 2013. On remarque tout de suite quelques similarités avec son compère Chance, à savoir: des refrains chantés, un flow impeccable qui suit sans soucis les instrumentations très « live band » livrées par ses producteurs mais aussi une voix très accrocheuse qui n’est pas loin de ressembler à celle de Chance. Le succès de Vic Mensa ne se résume pas qu’à ça car il faut savoir qu’il a réussi à faire venir des gros noms pour sa mixtape intitulée INNANETAPE qui a par ailleurs été bien reçue par les critiques. Que ça soit des rappeurs comme Ab-Soul, Chance The Rapper ou Rockie Fresh, ou des producteurs de renom comme Boi-1da, DJ Dahi, The Maven Boys ou encore Hit-Boy qui sont à l’origine de quelques morceaux comme Time Is Money et YNSP; la notoriété il l’a. Et il l’a récemment prouvé en faisant partie de la tournée What Dreams May Come Tour aux côtés de Wale et J.Cole. Tout comme Acid Rap, INNANETAPE ramène donc un nouveau genre de rap dernier cri dans la plus grande ville de l’Illinois qui était un peu trop monopolisée ces derniers temps par la Drill Music. Pour finir, Vic est l’illustration parfaite que le rap de Chicago a de très beaux jours devant lui grâce à ces rappeurs sortis tout droit de leur cocon comme Chance The Rapper mais aussi Chief Keef ou Lil Reese

4. A$AP Ferg

tumblr_mm3bixt9yA1qklra2o1_1280L’année 2013 a aussi été fructueuse pour le collectif du A$AP Mob, cette jeune bande de rappeurs très « fashion » issus du quartier de Harlem, mixant à la perfection le style Chopped and Screwed sudiste avec l’atmosphère sombre et froide des rues de Harlem. Après la sortie du premier album solo de leur leader A$AP Rocky qui a créé un grand moment de vogue en janvier, c’était au tour de son lieutenant A$AP Ferg d’être exposé sous les feux des projecteurs. En ayant signé un double accord avec les labels que sont RCA Records et Polo Grounds Music début janvier, Ferg annonce pour le mois d’août, la sortie de son premier album solo : Trap Lord. Le premier single de l’opus qu’est Work (Remix), fait monter en flèche la côte de l’artiste grâce à sa production très trap et son refrain catchy. De plus, Schoolboy Q, French Montana, Trinidad James et son pote A$AP Rocky viennent lui prêter main forte en posant chacun leur tour un couplet. Sur son album, on retrouve des invités surprises tels que les vétérans Bone-Thugs-N-Harmony ou Onyx. L’album réussit à vendre 32’000 copies pour sa première semaine et reçoit, en grande majorité, de bonnes notes par les critiques professionnelles. Pour finir, il reçoit le 15 octobre dernier la distinction du meilleur rookie de l’année par les BET Hip Hop Awards 2013. Le plus surprenant dans tout ça, c’est qu’il n’assiste pas à la cérémonie, parce qu’il croyait n’avoir aucune chance de gagner le prix. Ce qui vous pousse à écouter Ferg, ce n’est pas forcément ses paroles mais plutôt sa force à vous tenir captivé dans son monde torturé; un univers sinistre où l’on n’arrête pas de fredonner à tue-tête « Sha-Shabba Ranks«  rien qu’en entendant ses basses psychédéliques s’échapper à travers les fenêtres du château hanté de Fergenstein.

5. Travi$ Scott

La-bonne-étoile-de-Travis-ScottNous finissons ce classement avec le rookie le plus excentrique de cette liste qui a également de grandes chances de devenir un grand du rap game. Travi$ Scott nous vient de Houston au Texas. Il est le seul rookie de cette liste à avoir été choisi dans la célèbre liste des XXL 2013’s Freshmen Class qui choisit chaque année les dix meilleurs rappeurs en devenir. Pour parler du personnage, il n’est peut-être pas aussi doué techniquement que les autres rookies, mais il excelle en terme de créativité. Ses clips vidéos comme Shit On You, Uptown ou le déjanté Upper Echelon l’attestent. Le bonhomme qui n’a que 21 ans est un monstre. Polyvalent, il touche à tout, surtout aux productions de ses propres chansons mais aussi celles des autres. On reconnait immédiatement son style d’instrumentales qui a fait ravage en 2013. Des productions et mêmes des collaborations du jeune artiste se trouvent dans des grands projets comme G.D.O.D. la mixtape du label Grand Hustle, The Gifted (Wale), Magna Carta Holy Grail (Jay Z), Hall Of Fame (Big Sean) et pour couronner le tout, il participe à la production de New Slaves et Guilt Trip dans Yeezus! On se demande même si Kanye West n’aurait pas été influencé par son style de productions en sachant qu’il participait déjà au projet collaboratif de GOOD Music en 2012 avec le morceau Sin City. Sa mixtape insolite qui est sortie cette année s’appelle Owl Pharaoh et réunit déjà un grand nombre de stars du rap. Le plus fou dans tout ça, c’est que Travi$ est signé à la fois par Very GOOD Beats (maison de production de GOOD Music tenue par Kanye West) mais aussi par Grand Hustle, le label de T.I.! Prometteur…

Mentions spéciales : YG et Casey Veggies

Kevin

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